Le mythe de la supériorité

Une conception anthropocentrique

Sommes-nous réellement des êtres exceptionnels au point d’avoir le droit de vie et de mort sur les animaux? La supériorité que l’on attribue à la race humaine ne peut-elle pas être remise en question ? Car c’est bien cette idée de supériorité, prétendue innée, qui est à l’origine de nos agissements. À en croire l’histoire, le rapport de domination ne s’est pas seulement résumé entre l’Homme et l’Animal. Les humains ont asservis leurs propres Frères pour des différences physiques, culturelles, religieuses aussi arbitraires qu’injustes. Cela nous choque aujourd’hui de penser que ces comportements raciaux ont pu être justifiés par ces arguments et acceptés dans des sociétés dites « civilisées ».

mythe de la supérioritéⒸlauraandreoletti

Bien que dans notre pays le commerce d’esclaves soit derrière nous, un autre système esclavagiste persiste toujours : des milliards d’animaux, sous le joug de l’Homme, sont massacrés froidement pour les mêmes raisons. L’homme se place lui-même en haut de la chaîne alimentaire et se comporte comme le prédateur des prédateurs, alors qu’en réalité, il ne représente qu’un grain de sable dans l’immensité de l’univers. Il prend en otage sa propre intelligence pour perpétuer des atrocités que nombre d’entres nous ne peuvent en supporter l’idée.

Cette supériorité de l’Homme n’est qu’un mythe pour la simple et bonne raison que toutes les lois qui gouvernent notre société ont été crées par lui et lui seul. L’idée qu’il se fait des animaux comme étant des êtres inférieurs n’appartient qu’à lui. Et lui seul peut décider de les traiter avec respect et bienveillance.

L’alibis principal du mythe

 

« Il ne leur manque plus que la parole ». Encore aujourd’hui, on justifie souvent l’idée de supériorité humaine par le langage articulé. Si nous faisons une comparaison d’anatomie entre un humain adulte et un animal, on constate qu’il y a des différences au niveau du larynx. En effet, la position basse de notre larynx fait apparaître la cavité laryngée, rendant possible un langage plus complexe. Chez les autres espèces et même chez un bébé humain, le larynx est au même niveau que la langue. La cavité laryngée est inexistante et par conséquent, la formation de son complexe est impossible.

Le langage articulé humain est du à une évolution anatomique et non à une volonté divine de supériorité.

Nos racines animales

L’ancêtre commun universel

 

Ernst Haeckel publiât en 1879 dans L’évolution de l’Homme, un arbre de la vie qui fait apparaître des racines représentant les cellules sans noyaux, les procaryotes, et L’Homme au sommet. On sait aujourd’hui que cette vision anthropocentriste est fausse. C’est la biologie moléculaire et l’étude de la génétique qui vont bouleverser notre vision de la Famille du vivant, complexifier et préciser nos origines. Grâce à de nouvelles découvertes, on a pu constater que toutes les espèces sont parentes entre elles, à des degrés différents. Darwin fut d’ailleurs l’un des premiers scientifiques à exprimer cette idée.

nos gènes

L’arbre de la vie moderne est présenté sous la forme d’un cercle où toutes les espèces ont un ancêtre commun universel (au centre). Cette représentation graphique est appelée « l’arbre phylogénétique ».

L’Homo sapiens se retrouve ainsi à l’extrémité du cercle, au même niveau que les millions d’espèces existantes sur Terre. Tous les êtres vivants (humains et ceux que nous appelons animaux) sont les descendants d’un ancêtre commun appelé LUCA (Last Universal Common Ancestor). Notre différence par rapport aux autres espèces, qui était jusqu’à présent considérée comme une supériorité divine, n’est qu’une spécificité parmi tant d’autres. L’Homo sapiens n’est qu’une forme de vie animale mineure (en terme de volume) faisant partie de la Famille des eucaryotes (organismes cellulaires avec noyau).

partage du patrimoine génétique avec l'animal

Un Patrimoine génétique évolutif

 

Les modifications génétiques qui surviennent au sein des organismes vivants lors de la reproduction expliquent l’émergence de nouvelles espèces, qui, avec le temps ne peuvent plus se reproduire entre elles. Ces innovations génétiques sont dues à l’environnement dans lequel l’espèce doit évoluer. Cela se traduit par exemple par la perte de la queue (hominoïdes : homme, orang-outan, chimpanzé, gorille, bonobo, Gibon) ou par l’apparition d’un nez à la place d’une truffe ou encore les ongles à la place des griffes.

 

Toutefois, ces différences physiques que l’on constate à l’œil nu ne font pas disparaître pour autant le patrimoine commun que nous avons avec les autres espèces. Le gène de notre œil, le PAX6, est commun à la souris, l’oursin, le ver nématode ainsi qu’à la mouche drosophile. Quant au tympan, c’est l’organe partagé par toutes les espèces terrestres. Selon le chercheur Giovanni Levi « En sortant de l’eau, les animaux ont dû s’adapter à un environnement sonore bien particulier, qui a imposé le tympan ».

 

L’homme est un mammifère adapté à une alimentation végétale

On nous a toujours répété que l’Homme était un omnivore. Qu’il pouvait manger tout et n’importe quoi. On va jusqu’à nous vanter que l’homme est un prédateur carnivore presqu’au même titre que les lions ou les tigres. On entretient le mythe de la supériorité de l’homme en lui inventant des comportements instinctifs de dominant inexistants. La question n’est pas de savoir s’il lui est POSSIBLE de manger de la viande (tout le monde peut en avaler). La question est de savoir si cette alimentation est adaptée à son organisme. voir article La nature physiologique de l’Homme